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 Fiche de lecture - La France au XVIe siècle

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Berthramm
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MessageSujet: Fiche de lecture - La France au XVIe siècle   Mer 7 Fév - 19:49

BOURQUIN L., La France au XVIe siècle (1483 - 1594), Belin, 1996

Chapitre 1 - La population française

1 - Les sources
Les témoignages des contemporains présentent une vision partielle et subjective de la démographie, les auteurs se fiant à leurs intuitions. Exemple: Claude de Seyssel, Les Louanges du bon roi Louis XII, 1508.
"Les recensements sont à la fois rares, ponctuels et difficiles à interpréter", ils avaient un but fiscal: on dénombrait les feux et non les personnes.
Les registres paroissiaux sont de trois types: baptêmes, mariages et sépultures; ils sont tenus par les curés et ont été favorisés par l'Eglise (Concile de Trente, entre autres) et l'Etat (ordonnance de Villers-Côterets).

2 - Les effectifs
La France est l'un des pays les plus peuplés d'Europe, avec le Saint Empire romain germanique et l'Empire ottoman. Toutefois la population a une faible densité.
Il y a une croissance démograpphique de la fin du XVe siècle jusqu'en 1570, puis un déclin danns le dernier tiers du XVIe siècle, qui trouve ses sources dans les guerres de Religion et des crises de mortalité (ces dernières s'étant produites dans d'autres pays européens).

3 - Espace et peuplement
La population est à 90% rurale, répartie inégalement sur le territoire, et manque de mobilité géographique. Mais les paysans sont moins sédentaires dans le sud du pays.
Les villes drainent les populations rurales, mais le taux d'urbanisation est faible (environ 10%). Les villes souffrent de la conjoncture économique de la seconde moitié du siècle, et peu de nouvelles villes sont créées.

4 - Du couple à la famille
Le mariage intervenait surtout en hiver (à cause des calendriers agricoles et religieux); l'âge au premier mariage tend à s'élever tout au long de la période (et même après).
Les naissances interviennent surtout après le mariage, mais il est difficile de calculer le taux de fécondité.

5 -La mort
Les sources du XVIe siècle sont trop incomplètes pour mesurer l'échelle des décès, notamment pour la mortalité infantile, qui intervient surtout en hiber (à cause du froid) et en automne (suite à une canicule). Pour les adultes, les décès se produisent surtout en hiver (toujours à cause du froid) et au printemps (suite à un hiver rigoureux). Les maladies sont également sources de décès: la lèpre, l'ergotisme (maladies endémiques), le typhus et la syphilis font leur apparition.
Les crises de mortalité ont plusieurs facteurs, notamment: le niveau des récoltes, des épidémies, et les guerres. Les symptômes de ces crises sont: une hausse de la mortalité, une chute de la nuptialité et des conceptions. Ces crises ont un impact à moyen terme car elles freinent la reproduction des hommes.

Chapitre 2 - Les sociétés villageoises
1 - Les cadres de la vie rurale
On distingue trois grands types de régions, avec beaucoup de nuances locales:
- la France du nord: champs ouverts, très peu de haies, forêts éparses, villages groupés au coeur du terroir, culture des "bleds" importante, assolement triennal;
- centre et ouest: bocage, lande, élevage, polyculture;
- sud: différence entre l'ager (terres cultivables) et le saltus (sol fournissant la nourriture des animaux), assolement biennal.
La seigneurie est composée par un domaine (exploitation agricole assurant la subsistance du seigneur), des tenures (terres louées par des paysans en échange d'un loyer: le cens), et les droits du seigneur (banalités, justice).
La communauté d'habitants est une autre pièce essentielle du monde rural, ayant un rôle social (veiller aux récoltes, entretenir les canaux d'irrigation et les équipements collectifs). Une autre structure est la "fabrique", chargée de l'équipement nécessaire au culte.

2 - Les hiérarchies sociales
Les petits paysans possèdent des propriétés émiettées (moins de 2,5 ha); ils sont nombreux dans le Bassin parisien.Ce sont au mieux des laboureurs (et également des artisans pour avoir un revenu d'appoint), au pire des manouvriers, des brassiers.
Les couches moyennes sont constituées de paysans possédant en moyenne 10 à 20 ha; leur représentation est variable suivant les régions.
L'élite paysanne est constituée par des laboureurs ayant pu s'enrichir en exploitant des vastes domaines dès la seconde moitié du XVe siècle; ces domaines appartenaient à de gros propriétaires (le clergé, surtout) qui signaient avec ces paysans des baux de neuf ans. Certains de ces laboureurs purent devenir officiers. Cette élite est marquée par une forte homogamie.

3 - Les conditions de vie
De 1450 à 1550, l'essor de la population entraîne la croissance de la production agricole pendant plusieurs dizaines d'années. Dans les années 1560-1570, il y a une stabilisation puis un déclin de cette production, entraînantune hausse des prix des denrées alimentaires.
La conjoncture est très profitable aux grands exploitants (qui récoltent suffisamment pour leur consommation et font des bénéfices sur la vente du surplus) mais pas aux petits paysans.

4 - Les doléances paysannes
Les cahiers de doléances sont rédigés à l'occasion des Etats généraux, dans le cadre des communautés d'habitants, puis synthétisés au niveau du bailliage. Beaucoup de méfianc donc quant à ces sources.
Les problèmes religieux sont en tête de ces doléances (les désirs de réforme surtout). En 1576, on dénote différents points de vue quant à l'attitude à adopter vis-à-vis des protestants.
Il n'est fait aucune remise en cause du roi dans les cahiers car ils s'adressent à lui; mais on trouve des propositions pour tempérer le pouvoir royal. Il y a beaucoup de questions liées aux taxes et à la dégradation des conditions de vie.
Les soucis des paysans sont très concrets: la réforme de l'Eglise, le niveau des fiscalités, la domination des villes, la sauvegarde des exploitations agricoles. Les innovations prudentes sont acceptées, mais on note une net conservatisme.

Chapitre 3 - Le monde des villes
1 - Villes et campagnes
La ville se définit par une population concentrée, des murailles, des privilèges (souvent fiscaux ou militaires) et la présence d'institutions relayant le pouvoir royal.
Les villes dépendent des campagnes pour le ravitaillement et les hommes qu'elles accueillent; elles dominent les campagnes aux niveaux politique, administratif, socio-économique et culturel.

2 - Les atouts culturels des villes
Les écoles primaires et l'alphabétisation sont plus développées dans les villes que dans les campagnes.
Peu de campagnards possèdent des livres, contrairement aux citadins, auxquels les lectures collectives permettaient un accès à la culture écrite (surtout pour les citadins "populaires").
L'essor de l'imprimerie fut lent et inégal: en 1500, les imprimeurs sont présents dans les villes dotées d'un Parlement ou d'une université, et il y a deux fois plus d'imprimeries dans le nord que dans le sud du royaume.
En 1500, on compte treize universités d'origine médiévale, dont certaines avaient une renommée dans un domaine particulier, mais les frais de fonctionnement augmentent et l'enseignement est critiqué. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, ces universités connaissent des problèmes de recrutement.
On assiste à l'essor de nouveaux collèges sur le modèle de ceux des Frères de la Vie Commune, modèle auquel les notables de province sont sensibles. Ces collèges sont confiées par les municipalités à des congrégations religieuses (les Jésuites, surtout).

3 - Le petit peuple urbain
On compte beaucoup de paysans, de laboureurs et de journaliers (environ 20% de la population) dont la proportion peut augmenter lorsqu'il y a dégradation de la conjoncture. Certains sombrent dans l'indigence en cas de flambée des prix alimentaires.
Il y a une dégradation du salaire réel au cours du siècle.
L'assistance publique subit une mutation: les pauvres sont regardés de plus en plus de travers. Avant il y avait trois modes d'assistance: la charité individuelle, la distribution d'argent et de vivres, et les hôpitaux. La mutation consiste en l'insertion sociale des enfants et l'aide alimentaire aux pauvres.

4 - La boutique et l'artisanat
La moitié de la population urbaine est constituée d'artisans et de boutiquiers. C'est un monde très hétérogène quant aux revenus: il y a une séparation stricte entre le maître et les compagnons.
Les leviers du pouvoirs sont accaparés par les élites; chaque corporation, quel que soit le nombre de ses membres, a deux représentants; les artisans sont exclus des organes décisionnaires: cette frustration entraîne des révoltes.

5 - La domination des notables
Les grands marchands, les marchands en gros et les magistrats constituent les élites urbaines depuis le Moyen-Âge.
La domination sociale est le fait d'alliances matrimoniales, pour monter dans la société ou obtenir une belle dot si la famille du prétendant (ou de la prétendante) est d'un groupe social légèrement inférieur. Ces élites ont un mode de vie ostentatoire mais habitent dans de petites maisons. Leur pouvoir est surtout politique (contrôle des structures municipales). Mais il y eut des heurts à ce cumul de richesse et de pouvoir local.
La Ligue parisienne (12 mai 1588 - 22 mars 1594): Paris échappe au pouvoir central; la Ligue exprime un mécontentement des notables contre la mainmise des officiers royaux sur les charges locales à partir du XVIe siècle, avec un engagement religieux essentiel.

Chapitre 4 - La noblesse
1 - Le noble idéal
Le noble doit suivre un mode de vie particulier, où la carrière militaire a son importance (ordre des "bellatores"), et ne doit pas déroger. Il est l'héritier de l'image des chevaliers.
La noblesse jouit de privilèges: le port de l'épée, le timbre sur les armoiries, des privilèges judiciaires et fiscaux.
Il existe des vertus nobiliaires, et l'honneur tient une place essentielle. Pendant les guerres de Religion, les théoriciens ligueurs voulurent exclure de la noblesse ceux qui ne défendraient pas la foi; ce faisant ils inspirèrent aux nobles de la méfiance vis-à-vis de la Ligue. Une autre conception prévalut: la noblesse vient du sang.

2 - Devenir noble
Le mode d'anoblissement le plus répandu au XVIe siècle était l'agrégation silencieuse. Pour cela, il fallait d'abord une terre, accompagnée d'une carrière militaire, et vivre aux yeux de tous comme un noble.
L'anoblissement royal, par lettre d'anoblissement, permettait au roi de récompenser des fidélités à moindres frais ou d'exalter le prestige de certains officiers (dès la fin du XVe siècle). Mais les officiers sont peu nombreux, les conditions fixées par le roi sont contraignantes et cette initiative ne fut pas étendue à d'autres offices que ceux de la Maison du Roi.
Dans la seconde moitié du siècle, la méfiance et la contestation de ces anoblissements (notamment par agrégation silencieuse) se font jour, et ce dès le début des guerres de Religion.

3 - La société nobiliaire
L'accès à la noblesse fut ouvert et le nombre de nobles augmenta, puis cet accès se referma. La noblesse est aussi hétérogène que la paysannerie. La densité nobiliaire est variable selon les régions.
La gestion du capitala permis un enrichissement (ou un appauvrissement) rapide des nobles (car ils étaient propriétaires terriens) au cours du XVIe siècle, surtout en période de crise agricole. Certains nobles, en prêtant de l'argent, purent acquérir par hypothèque de nombreuses terres, sources de récoltes.
Les guerres ont fait des dégâts dans les exploitations situées en zones de troubles, mais les nobles modestes pouvaient s'engager dans l'armée afin d'améliorer leurs revenus (et éviter de déroger). Certaains s'enrichirent en développant des trafics.
Les forteresses médiévales survécurent, certaines remises architecturalement et aménagées au goût du jour. Les petits nobles se font construire des maisons à étages, avec un mobilier confortable.

4 - Les nobles et le pouvoir royal
Les nobles du XVIe siècle voulaient que le roi préserve leurs prérogatives et protège leur groupe.
Ils veulent participer au pouvoir, estimant que c'est leur droit et leur devoir, et se révoltent chaque fois que la politique royale semble remettre cela en cause.
De grands aristocrates purent peser sur le pouvoir royal ou le contrebalancer, tels les Guise, qui s'appuyaient sur des réseaux familiaux et de clientèle, qui sont cependant assez fragiles.
Mais le roi ne s'oppose pas sans cesse à la noblesse, la vie de cour lui permettant de créer des liens privilégiés avec ses nobles. Anne de Montmorency en est un bon exemple.
Les petits nobles provinciaux arrivent à profiter des largesses royales lorsqu'ils se rendent utiles au roi, ce qui est facile s'ils habitent sur une zone frontalière ou de conflits.


Dernière édition par le Ven 9 Fév - 15:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fiche de lecture - La France au XVIe siècle   Ven 9 Fév - 10:20

Chapitre 5 - L'Eglise et la foi catholique
1 - Les contrates du clergé
18 août 1516: signature entre François 1er et Léon X du concordat de Bologne: tous les évêques sont désignés par le roi, le pape leur donnant l'investiture spirituelle. Avant, les évêques étaient élus par le chapitre de leur cathédrale, mais le roi intervenait beaucoup sur le choix: donner un évêche permattait de récompenser une famille de l'entourage royal, car c'était une source de profit, que certains cumulèrent avec d'autres bénéfices.
De nombreux évêques sont des hommes de cour et donc souvent éloignés de leur diocèse. L'assiduité des évêques pouvaient s'améliorer ou se dégrader.
Les statuts synodaux montrent ce que l'évêque attend de ses prêtres, généralement: encadrer les fidèles, être responsables des objets du culte et se distinguer des fidèles par leur apparence et leur attitude.
Les effectifs du clergé séculier sont pléthoriques, les plus aisés des prêtres payant les moins riches pour les remplacer.
Il existe deux grands types d'ordres: les contemplatifs, qui mènent une vie de prière et de travail dans des monastères, à la campagne, à l'écart du monde (bénédictins, cisterciens), et les mendiants, qui sont abrités dans des couvents, au sein des villes (dominicains, franciscains).

2 - La religion vécue
Pendant les XIVe et XVe siècles, des séries de crises furent prises pour la fin du monde: cette peur eschatologique fut un très important ressort de la vie religieuse du XVIe siècle, conditionnant en grande partie la foi et les pratiques des fidèles, dont les achats d'indulgences.
La piété se fait envers le Christ, la Vierge et les saints: il y a des processions, et beaucoup de personnes appartiennent à une confrérie liée à un saint. Ces confréries sont vues avec méfiance par l'Eglise.
Il y a également une piété personnelle: les gens possèdant des livres (même un seul) choisissent souvent des ouvrages religieux ou ayant trait à la religion. Le livre permet également la diffusion d'idées religieuses plus élaborées, comme celles des humanistes.
Pour la plupart des fidèles, le catholicisme n'est qu'une composante de leurs croyances; les guérisseurs sont considérés comme des sorciers et font les frais de la suspicion des autres membres de la communauté lorsque des calamités se font sentir. De 1560 à 1630 se produit une chasse aux sorciers en Europe: la France est moins secouée que d'autres pays, mais certaines régions sont sévèrement touchées.

3 - Les prémices de la Réforme tridentine
Les décrets du Concile de Trente (1545 - 1563) influencent fortement l'Eglise catholique: sur le plan doctrinal, réaffirmation de tous les points remis en cause par les protestants; sur le plan disciplinaire: redéfinition des pouvoirs des évêques pour mener la réforme dans leurs diocèses, obligation faite aux curés de se différencier de plus en plus des laïcs. Ces décrets ne sont pas reçus parmi les lois du royaume, mais Henri III les reconnaît implicitement (ordonnance de Blois, 1579; édit de Melun, 1580).
L'application de ces décrets est difficile car peu d'évêques sont vraiment motivés, il y a des difficultés financières et les guerres de Religion ont un impact sur cela. Le clergé est affaibli et ses effectifs diminuent. Malgré cela, on demande aux prêtres d'accentuer l'encadrement des fidèles.
Plusieurs moyens sont mis en oeuvre pour diffuser le dogme: la traduction française du catéchisme, les églises les plus riches commandent des supports iconographiques à la foi, et l'on assiste à une réforme des ordres religieux dans ce même but (Capucins, Jésuites).

Chapitre 6 - La fracture protestante
1 - La pénétration du protestantisme en France
Le luthéranisme se définit essentiellement par la critique du système des indulgences; la pensée que la foi seule suffit à assurer le salut de l'âme; la contestation des cultes rendus à la Vierge et aux saints (il n'y a pas d'intermédiaire entre l'Homme et le Christ); la pensée que le pape ne saurait exercer un pouvoir politique, que les clercs n'ont aucun monopole de droit divin sur l'interprétation des textes sacrés et la conduite des offices religieux; deux sacrements sont reconnus (au lieu de sept pour l'Eglise catholique): le baptême et la communion.
La diffusion de ces idées est facilitée par l'imprimerie; elles sont condamnées en 1520 par la bulle de Léon X Exsurge Domini, mais ne sont censurées en France qu'en mars 1521, car il y a un contexte spirituel assez propice à l'accueil de ces thèses: les critiques des humanistes concernant les ordres religieux, la papauté, la dévotion et le manque de rigueur quant à l'interprétation des Ecritures; l'expérience du groupe de Meaux. À partir de 1521, cependant, on assiste à une condamnation et à une répression du mouvement. Le pouvoir royal reste cependant modéré jusqu'à l'affaire des placards (1534).
Le calvinisme considère que l'Ecriture est la pierre angulaire de la foi et que certains hommes sont prédestinés à la vie éternelle, d'autres pas (les élus ayant la foi), et il y a des divergences avec Luther sur la question de l'eucharistie.

2 - L'essor du protestantisme jusqu'aux guerres de Religion
La diffusion du protestantisme se fait dans tous les diocèses du ressort du Parlement de Paris, mais les protestants n'ont pas de véritable structure hiérarchisée et participent aux cérémonies catholiques pour se protéger. En 1555, Calvin envoie des ministres pour accentuer la prédication, mais il y a des résistances au sein des protestants. En 1559 se tient le premier synaode national français. Fin 1561 on note un net développement du protestantisme en France (plus de 670 églises dressées).
16 juillet 1535: l'edit de Coucy bloque les poursuites contre les luthériens. En 1540 les affaires d'hérésie sont confiées aux Parlements. En 1543 des lettres patentes rappellent les principaux articles de la foi et les livres censurés par la Sorbonne. Les principales victimes de la répression sont les Vaudois, et la communauté de Meaux. En 1551 l'édit de Châteaubriant confie les procès engagés contre les protestants aux juges royaux. En 1559 l'édit d'Ecouen aggrave les peines encourues. ces mesures spectaculaires et les jugements des tribunaux ne freinent cependant pas l'essor de la Réforme dans la société française.
La population protestante est estimée à deux millions de personnes au début des guerres de Religion. Mais le culte est plus ou moins clandestin jusque vers 1560. Même si les campagnes ne sont pas imperméables aux idées nouvelles, la pénétration e celles-ci se fait plus facilement dans les grandes villes et les villes moyennes. Le Livre des habitants de Genève, ainsi que des archives judiciaires, peuvent nous renseigner dans une certaine mesure sur les origines géographiques et socio-professionelles des protestants exilés (première source) ou poursuivis (deuxième source). On voit ainsi une bonne représentation des artisans, et une nette prédominance des élites. mais il est difficile de se faire une idée exacte et réaliste, l'adhésion à la foi protestante ayant été un phénomène individuel ou familial.

3 - L'identité huguenote
Le 25 mai 1559, le premier synode national des églises réformées de France adopte l'ecclésiologie voulue par Calvin et, afin d'assurer une autonomie vis-à-vis de l'Etat, sont définies une structure hiérarchique synodale (allant de l'échelon local au niveau national) et un consistoire encadrant les fidèles à l'échelon local et désignant les pasteurs, dont un grand nombre appartenait aux couches supérieures de la société. Le clergé calviniste suit une formation très poussée.
Les prêches réunissaient au temple tous les membres d'une église dressée; la dévotion est centrée tou entière sur le message du CHrist. Le culte familial est assuré par le père dans le foyer. Les pasteurs contrôlent les connaissances de chacun quatre fois par an. Les prénoms des enfants sont choisis dans la Bible et non par rapport aux saints. Les protestants ont un idéal de vie austère.

4 - Les protestants dans les guerres de Religion
Le protestantisme est considéré comme une "novelleté" étant l'oeuvre du démon. Toutes les tentatives de rapprochement entre les doctrines catholique et protestante ont buté sur la question de l'eucharistie, mais cela n'a pas conditionné le recours à la violence. C'est en fait l'iconoclasme protestant qui choque les catholiques, surtout les destructions des représentations de la Vierge.et des saints. Les affrontements qui en découlent ont l'allure d'une croisade. Décembre 1560: Catherine de Médicis obtient la régence et pratique une politique d'ouverture envers les réformés afin de marquer l'autonomie du pouvoir vis-à-vis des catholiques (notamment les aristocrates). En 1561 se tient le colloque de Poissy, et le 17 janvier 1562 l'édit de Saint-Germain autorise l'exercice du culte réformé dans certaines limites. Le 1er mars 1562, la massacre de dizaines de protestants à Wassy marque le début effectif de la première guerre de Religion, soldée par la paix d'Amboise le 19 mars 1563.
Le 26 septembre 1567 débute la deuxième guerre de Religion suite à une tentative d'enlèvement de la famille royale. Le 23 mars 1568 l'édit de Longjumeau y met fin. Le 24 mai 1568, Michel de l'Hospital est écarté du pouvoir, sa politique de conciliation est abandonnée. Le 23 septembre 1568, l'ordonnance de Saint-Maur durcit la politique contre les réformés, mais le 8 août 1570, la paix de Saint-Germain est signée à l'avantage des protestants. Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, des milliers de protestants sont massacrés à Paris; ce massacre intervient peu après une tentative d'assassinat contre l'amiral de Coligny lors du mariage d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, le 18 août.
Suite à la Saint-Barthélémy, les effectifs des réformés diminuent environ de moitié, mais les huguenots sont encore très résistants. En décembre 1573 se mettent en place les "Provinces-Unies du Midi". Le 11 juillet 1573 est promulgué l'édit de Boulogne, jugé insuffisant par les huguenots. Le 6 mai 1576, la paix de Beaulieu est ressentie comme une trahison par les ultra-catholiques, dont les ligues contestent désormais la paix et l'aurotité du roi. Le 8 octobre 1577, l'édit de Poitiers limite la paix de Beaulieu et ne donne lieu à aucune remise en cause, faute de moyens. Il y a cependant une multiplication de petits conflits locaux dans toutes les régions du royaume jusqu'au milieu des années 1580.
La ligue se constitue autour d'Henri de Guise pour s'opposer à la succession du roi Henri III par Henri de Navarre, chef de file des protestants et relaps. Le 30 mars 1585 est publié le manifeste de Péronne (le programme des ligueurs). 12 mai 1588: journée des Barricades. Le meurtre du duc de Guise aux Etats généraux de Blois renforce l'union autour dela Ligue. Le 1er août 1589 Henri III est tué par Jacques Clément. Les prises de position de Henri IV, ainsi que des dissensions au sein de la Ligue, lui facilitèrent la reprise en amin du pouvoir. 25 juillet 1593: Henri IV abjure la foi protestante; 27 février 1594: couronnement à Chartres; 22 mars 1594: entrée dans Paris. Le démantèlement de la Ligue restaure l'autorité royale et apaise les tensions religieuses en France. Le 13 avril 1598 est promulgué l'édit de Nantes.
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MessageSujet: Re: Fiche de lecture - La France au XVIe siècle   Ven 9 Fév - 11:35

Chapitre 7 - Le roi et son pouvoir
1 - L'image du roi
Le sacre du roi est un rappel de ses missions: la paix dans le royaume, la garantie d'une bonne justice et la définition de l'orthodoxie religieuse. L'onction place le roi entre les hommes et Dieu, et lui confère le pouvoir thaumaturgique. Les attributs du roi sont: le manteau fleudelysé, les gants bénis, l'anneau royal, le sceptre, la main de justice et la couronne, qui en fait le premier dignitaire de son église.
Le sacré crée un lien entre Dieu, le roi et ses sujets, lien toujours réaffirmé pendant les déplacements du roi dans le pays. Ces déplacements permettent de restaurer l'autorité royale, les cérémonies organisées restaurent la mystique royale. L'entrée du roi dansla ville rappelle celle du Christ à Jérusalem et proclame le rôle pacificateur du roi.
Les demeures royales sont prévues pour mettre en valeur la monarchie aux yeux de tous et surtout des autres puissances européennes. les meilleurs exemples en sont Chambord et Fontainebleau.
La gloire militaire est faite pour magnifier le roi, comme tout ce qui précède. L'image du roi est celle d'un guerrier.

2 - La guerre, moteur de l'Etat
La guerre permit la construction de l'Etat, par le biais de réformes fiscale.
Le 29 juillet 1494, Charles VIII part à la conquête du royaume de Naples: c'est un échec. Lousi XII décide de reprendre le duché de Milan; il réussit dans un premier temps mais au final c'est encore un échec. En 1515, François 1er réussit à reconquérir le duché de Milan. Pendant cette période, la présence française en Italie est mal vue, et des alliances se nouent autour du Pape pour en chasser les Français.
28 juin 1519: Charles Quint est élu à la tête du Saint EMpire romain germanique, aux dépens de François 1er. La France est cernée par les possessions des Habsbourg. Une forte rivalité oppose François 1er et Charles Quint, et des guerres éclatent entre eux. Le 24 février 1525, françois 1er est fait prisonnier à la bataille de Pavie. Les affrontements entre Valois et Habsbourg durent jusqu'en 1559, la paix étant signée au traité du Cateau-Cambrésis (2-3 avril 1559).
Un tel effort de guerre nécessite un accroissement des charges financières. Le revenu principal de la fiscalité, la taille, est très complexe à percevoir. D'autres impôts viennent en appoint de celui-ci et des revenus du domaine royal: les aides, les traites et la gabelle, le plus rentable de tous. À cette époque apparaît une volonté nouvelle de maîtriser les dépenses. En 1523 est créé le Trésor de l'Epargne. Le 28 décembre 1523 une ordonnance interdit toute dépense sans l'autorisation du roi. En 1542 sont créées seize recettes générales (les futures généralités). L'Eglise de France doit également participer au redressement financier du royaume par un don gratuit en plus des décimes ("contrat de Poissy"). Les notables des villes ne sont pas épargnés.

3 - Le renforcement de l'autorité royale
Le Conseil du Roi est un ensemble de personnes, généralement nobles, donnant leur avis au roi quant à l'administration du royaume. Il commence à se spécialiser dès le début du règne de Louis XI, et ce phénomène s'accentue sous Louis XII et François 1er: le Conseil est alors séparé en trois: le conseil des affaires, les conseil des finances et le conseil des parties.
À la fin du XVe siècle, on compte une centaine de secrétaires du roi, dont quatre (les secrétaires des finances) deviennent sous Henri II des secrétaires d'Etat. Il y a aussi une utilisation systématique des maîtres des reqûêtes, les ancêtres des intendants. Ces deux corps de métiers permettent de renforcer l'autorité royale dans le royaume.
Tous les tribunaux sont subordonnés à la justice royale; la justice est déléguée aux juges royaux par le roi.
Les charges judiciaires sont vénales, les offices tendent peu à peu à constituer un bien patrimonial; ainsi le roi peut étoffer ses effectifs, renflouer ses caisses et exercer un meilleur contrôle sur les élites urbaines grâce aux lignages d'officiers.

4 - Les limites de la puissance souveraine
Depuis le milieu du XIIIe siècle, les légistes définissent le roi comme le seigneur des seigneurs, en haut de la pyramide féodale. Depuis le règne de Saint Louis, le roi est aussi empereur en son royaume et y jouit d'une totale autonomie, même s'il doit se plier aux lois fondamentales du royaume. Les légistes du XVIe siècle formulent différentes opinions sur les limites du pouvoir: Claude de Seyssel y mettait trois freins: la religion, la police et la justice; pour Guillaume Budé, le roi est absolu car seul dépositaire de la puissance souveraine; pour Jean Bodin, le roi ne doit partager sa souveraineté avec personne. mais pour tous il y a un bémol, afin que cet absolutisme ne se transforme pas en despotisme.
Le Parlement peut exercer un contrôle sur le pouvoir royal: pour être applicable, toute loi, tout décret ou édit doit être enregistré par le Parlement, dont les membres peuvent faire des remontrances, que le roi peut cependant ignorer par des lettres de jussion ou la tenue d'un lit de justice. Les divergences entre le Parlement et le pouvoir royal ont cours jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Le roi doit aussi composer avec les Etats locaux, très soucieux de leurs privilèges mais relais efficaces de l'autorité royale. La réunion des Etats généraux permet de dialoguer avec les représentants des Etats, et se produit surtout lorsque le pouvoir connaît une crise.
Le roi n'a pas, en outre, les moyens d'assurer efficacement l'unité du royaume: le service de spostes est relativement lent, les nouvelles lois sont mal perçues et mal acceptées, et les officiers, en faible nombre, ont du mal à les faire appliquer. Le roi doit donc utiliser les réseaux de clientèle de spotentats locaux. Tout cela rend difficile la mise en pratique de la volonté royale, qui doit gérer un système politque fragile et complexe, qui va être modifié très lentement au cours du XVIIe siècle.

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