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 FL Espagne et Japon modernes/Early modern Spain and Japan

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maharbbal
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MessageSujet: FL Espagne et Japon modernes/Early modern Spain and Japan   Ven 16 Fév - 14:14

FLYNN Dennis O (1991), “Comparing the Tokagawa Shogunate with Hapsburg Spain: Two silver-based empires in a global setting”, in TRACY James D. ed., The Political Economy of Merchant Empires. State power and world trade 1350-1750, Cambridge: Cambridge University Press, 332-359.

Idea English version down bellow

L'âge de l'argent

On estime que la production d'argent de l'empire espagnol en Amérique était 300 tonnes par an au cours du XVIe siècle et du début du XVIIe. Celle du Japon (le second producteur mondial) était de 200t. (p.332). Durant la période, 15.000 tonnes allèrent d'Amérique vers l'Europe et 13.000 du Mexique aux Philippines (p.335). Le Japon exporta 10.000t (p.336). Néanmoins, ces énormes productions n'augmentaient le stock mondial d'argent que de 1 à 2% par an.
Les Européens ne gardaient pas l'argent: l'Espagne utilisaient de la monnaie de cuivre et les finances du continent avaient pour base la lettre de change. En fait, les Européens n'étaient que des intermédiaires amenant le métal américain (et japonais souvent) vers la Chine et, dans une moindre mesure, l'Inde. La soif d'argent chinoise était due à l'abandon du papier monnaie en 1436.

Contre Braudel
Citation :

p.337: “L'explication traditionnelle des manuels occidentaux du flot d'argent d'ouest en s'appuie sur un type de résonnement macroéconomique qui voit la monnaie comme un instrument de balance passif. (…) Parce que les importations européennes étaient beaucoup plus importantes que les exportations, le métal précieux coulait vers l'est afin d'équilibrer les comptes. Le secteur 'monétaire' répondait simplement à un déséquilibre dans le secteur 'réel'. Ce jugement de bon sens induit en erreur. Les métaux précieux étaient produit pour le profit, comme les autres produits – ils ne sont ni plus ni moins réels que les autres produits."
L'argent cependant a ceci de particulier qu'il n'est pas consommé, il s'accumule pendant des siècles, donc l'offre ne peut que s'accroître (sur un graph, la courbe de la demande serait verticale). Donc, la valeur de l'argent décroît constamment avec le temps (il perd ainsi 50 à 60% durant l'époque moderne, p.339).
Problème: contrairement a ce qui était pensé auparavant, la production argentifère du XVIIe fut plus importante que celle du XVIe. Donc, la crise du XVIIe ne fut pas due à une faiblesse de l'offre mais à une dépreciation de l'argent.

Les échanges internationaux

L'intégration graduelle des marchés régionaux (Chine, Levant, Occident...) dans l'économie-monde eut aussi lieu entre la Chine et le Japon. Dans les années 1640, le ration argent/or dans les deux pays était devenue virtuellement identique.
Des les années 1630, le superprofit ("arbitrary profit", c'est à dire des profits exceptionnels dégagés de tout lien: coût de production/prix de vente) perçu dans l'échange argent/or avait disparu. Mais le flot d'argent d'Europe vers la Chine persista. En effet, des surprofits existaient toujours dans l'échange entre argent et d'autres produits. Par ailleurs, les superprofits ne sont pas les seuls bénéfices que l'on retire du commerce à longue distance. D'autres facteurs entrent en jeu (ouverture de nouveaux marchés, économie d'échelles...).
Les superprofits étaient possible car les prix mondiaux étaient construits sur des anciens coûts de production. L'argent américain était bien plus simple à extraire, ainsi la marge était énorme. Cela pris plus d'une centaine d'années (1530-1630) pour que le marché de l'argent retrouve un équilibre en relation avec les coûts de production.

L'usage de l'argent

Avec les bénéfices de l'argent américain, l'Espagne a mené des expéditions militaires, alors de le shogun investissait dans les infrastructures (de 1550-1650 l'archipel double sa surface de rizières). Les Tokugawa étaient à la tête de toutes les mines d'argent, ce qui explique la suprématie à l'intérieur et leur capacité à extraire le Japon hors des rangs des tributaires de l'Empire du Milieu. Par ailleurs, le Japon réussit à remplacer le jackpot argentifère par l'or et le cuivre, alors que l'Espagne n'avait que l'argent.
Le métal espagnol était moins cher à produire grâce à un meilleur accès au mercure et au fait que la production n'était pas monopolisée par le pouvoir politique, mais laissé au secteur privé. L'Espagne se trouvait donc en situation de plus grande compétitivité face au Japon sur le marché mondial. Mais, si le Japon n'avait pas produit d'argent, le déclin ibérique aurait eu lieu quelques 50 années plus tard (les superprofits durant plus longtemps), les Habsbourg auraient peut-être vaincu les Hollandais et les Anglais et le capitalisme moderne ne serait pas apparu.

Conséquences

Au Japon, mais pas en Espagne, le développement économique permit par l'argent sapa le pouvait de la class guerrière et accéléra la monté du capitalisme.

Discussion
L'auteur défend les idées de F. Von Hayek, aussi bien sur le plan de la théorie monétariste que sur le plan de l'idéologie libertarienne. Ça change pour une fois des historiens plus ou moins crypto-marxistes. Ceci dit, sa vision de la monnaie comme un prodiut comme un autre est un peu simpliste et passe sous silence son role dans la croissance.
Qui plus est, sa position anti-habsbourg, a la fâcheuse tendance de ressembler à la légende noire.


Dernière édition par maharbbal le Mer 20 Fév - 2:52, édité 2 fois
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maharbbal
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MessageSujet: Re: FL Espagne et Japon modernes/Early modern Spain and Japan   Mer 21 Fév - 3:11

Here is the English version:

FLYNN Dennis O (1991), “Comparing the Tokagawa Shogunate with Hapsburg Spain: Two silver-based empires in a global setting”, in TRACY James D. ed., The Political Economy of Merchant Empires. State power and world trade 1350-1750, Cambridge: Cambridge University Press, 332-359.

Estimations find Spanish American empire’s silver production at 300 metric tons per an. during the 16th and early 17th century and Japan’s at 200 and was the second largest world producer (p.332). Over the period, 15,000 tons went from America to Europe, 13,000 directly from Mexico to Philippines (p.335) Japan exported 10,000t (p.336). Yet, this enormous annual production only represented 1 or 2% of the world’s silver stock.
European didn’t keep the silver, Spain used copper and European trade relied on bills of exchange. Instead European were middlemen bringing American and Japanese metal to China and (to a lesser extent) India. China’s silver thirst is due to the collapse of the paper-money system in 1436.

Citation :
p.337: “The traditional Western textbook explanation for the West-to East flow of silver is based on a type of macroeconomic reasoning that views money as a passive balancing item. (…) Because European imports greatly exceeded exports, precious metal flowed eastward in order to balance the books. The ‘monetary’ sector merely responded to an imbalance in the ‘real’ sector. This conventional wisdom is defective. Precious metal were produced for profit just like any other commodity – they neither more nor less ‘real’ than any other product.”

Silver although is quiet particular in that it is not consumed, it accumulate for centuries, hence the supply can only increase (on a graph the supply curve would be vertical). Consequently, the value of silver constantly decreases over time (lost 50 to 65% during the early modern period; p.339).

Problem:
on the contrary of what was previously assumed, the17th-century silver production was greater than 16th-century. According to Flynn, the 17th century crisis was not due to a lack of supply but to a drop of silver’s value.
Flynn doesn’t see the early modern globalization as the creation of a world market but as the progressive overlapping of numerous localized submarkets (W. Europe, E. Europe, Russia, Middle East, China…). This gradual integration happened between China and Japan, by 1640s the value of gold to silver in one had become virtually identical to that in the other.
By 1630s the arbitrage profit coming from the favourable exchange rate between gold and silver had disappeared but not the flow of European silver to China. Why? Because arbitrage profits still existed between silver and other commodities. Arbitrage profit is not the only benefit one gets from trade, accessing new market to widen the demand side is essential (economies of scale and so on).
Arbitrage profits were possible because the world market prices were based on former production price. American silver was much cheaper to produce, thus the margin was enormous. It took about a century (till 1630s) for the market to re-attain a equilibrium price in relation with the production costs.

Spain waged military ventures with the benefice of the American silver, while shoguns and damyos invested in infrastructures (in1550-1650 Japan doubled its amount of rice paddy). Critically, the Tokugawa bafuku was in charge of all the silver mines of the archipelago, it explains its domestic supremacy and its ability to pull Japan out of the Chinese tributary world order. Why did Spain decline while Japan didn’t? Spain only had silver, Japan had gold and copper.
Spanish silver was cheaper to produce because of the easier access to mercury (necessary to proceed silver) and to the fact that production was not monopolized by the political power but left to the private sector. Spain and Japan were competitors on the Asian market. But what if Japan hadn’t produced silver? Silver price would have decline much been delayed (50 years latter maybe) and Spain could have win the war against Holland and England and modern capitalism may have never appeared.

Consequences: In Japan and not in Spain, the economic development allowed by silver undermined the power of the warrior class and accelerated the strengthening of capitalism.

Discussion: The author defends the von Hayek’s monetary theories and is inspired by libertarian ideology. It is quiet refreshing considering that most historians are more or less Marxists. That said, his view on money as a mere commodity is simplistic as silver makes trading easier and thus participate more than any other commodity to economic growth, it hardly stays still. Besides, his bet that 20th century Spanish economic setbacks compared to Japanese success are partly related with the 16th century fiscal pressure is very awkward.
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