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 FL Les réseaux marchands/Merchant networks

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maharbbal
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MessageSujet: FL Les réseaux marchands/Merchant networks   Ven 2 Mar - 5:28

MOLHO Anthony et RAMADA CURTO Diego (mai-juin 2003) “Les réseaux marchands à l’époque moderne”, Annales HSS, 58/3, 569-579.

Idea English version down bellow

L'analyse des réseaux marchands s'insère dans l'histoire comparative à l'échelle mondiale à laquelle Fernand Braudel était attaché. L'unité des espaces étudiés (la Méditerranée par exemple) ne dépend pas de facteurs géographiques, mais repose sur les liens tissés par les hommes. La motivation de es hommes est le commerce. Mais quelle est la nature de ces réseaux commerciaux? Comment fonctionnent-ils et comment interagissent-t-ils avec les autres composants des économies régionales?

Le problème du commerce à longue distance avant l'époque contemporaine était que les marchants devaient s'appuyer sur des commissionnaires là où ils ne pouvaient être eux-mêmes. Mais comment s'assurer de l'honnêteté de ces agents, puisque qu'aucun Etat ne pouvait garantir et assurer l'exécution des lois des marchands? Les réponses apportées par les différents réseaux marchands à ce dilemme décida de leurs structures et de leur succès ou de leur échec.

Il est essentiel d'éviter le piège téléologique représenté par la surestimation de l'apport de ces réseaux à la domination européenne du monde et à l'émergence de la culture occidentale. Deux historiographies se sont attelées à l'étude de ce sujet: une anthropologique estimant que la structure du réseau reposait sur des liens culturels et l'autre fonctionnaliste estimant que le réseau reposait avant tout sur une forme de rationalité économique.

Mais il est impossible de résumer les réseaux soit à l'économique soit au culturel. Le bien le plus cher des commerçants était leur réputation. Tout le système reposait dessus en l'intégrant à des relations d'interdépendance et de réciprocité. La confiance devait être installée et entretenue par des pratique comme le don contre don, les mariages et les parrainages.

Plusieurs problématiques apparaissent alors: ces réseaux étaient-ils homogène? Comment s'intégraient-ils au reste de l'économie? etc.
Qui plus est, être loin du pouvoir de l'Etat n'était pas nécessairement mauvais pour les affaires. Ainsi les marchands portugais du XVIIIe peu aimés en métropole, pouvaient poursuivre de brillantes carrière politique aux colonies [1].

Par ailleurs, comment commençait un réseaux? Comment s'intégrait-il dans un territoire donné? Chaque réseau avait sa spécificité; les Anglais déployaient fièrement leur drapeau en Méditerranée au XVIIe, alors que leurs partenaires grecs pratiquaient "l'invisibilité collectivité (p.577). Les caractéristiques de ces groupes étaient complexes et changeaient fréquemment. Ainsi, en raison de leur succès, certaines diasporas marchandes pouvaient abandonner leur "grammaire tribale" (Avrom Udovitch) et s'ouvrir à de nouveau partenaires ou s'insérer dans des associations plus formelle comme des compagnies de commerces.

Sur le long terme, les groupes avaient tendance à se spécialiser (dans les diamants, les vins,...) et à construire des systèmes de division du travail sophistiqués. Les auteurs émettent l'hypothèse de travail que plus le réseau était refermé sur lui-même (tous les membres se rapportant à la même identité religieuse ou familiale) plus il était engagé dans un commerce varié. En parallèle, plus le groupe était hétérogène plus il était spécialisé. En fin de compte, l'ouverture des réseaux amena la libéralisation des échanges et l'abandon des diasporas marchandes. Cela correspond à la "théorie du lien faible" [2]. En effet, plus le réseaux est ouvert, plus les possibilités de transactions sont importantes, alors que, par leur nature, les réseaux fermés les limitent.

Les auteurs s'attendent à ce que les prochaines recherches s'orientent vers une plus grande théorisation du sujet et à une unification des différents courants d'étude.

[1] PEDREIRA Jorge M. (2001) “Negócio e espaço social em Portugal e no Brasil (séculos XVII e XVIII)”, Penélope. Revista de História e Ciências Sociais.
[2] GRANOVETTER Mark (1983) “The Strength of Weak Ties: A Network Theory Revisited”, Sociological Theory, 1, 201-233.


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MessageSujet: Re: FL Les réseaux marchands/Merchant networks   Lun 5 Mar - 0:38

MOLHO Anthony and RAMADA CURTO Diego (mai-juin 2003) “Les réseaux marchands à l’époque moderne”, Annales HSS, 58/3, 569-579.


The analysis of the trading networks (réseaux) fits in the comparative history of the world advocated by Fernand Braudel. The unity of the worlds considered (such as the Mediterranean for instance) does not depend on the geomorphic factors, but on the peoples who tie separate regions together. The motivation of these people comes from trade. But what is the nature of these commercial networks? How do they work and interact with the other components of the economy?

The problem of pre-modern long distance trade was that merchants had to rely on agents in the places they couldn't be themselves. But, then, how to be sure of the honesty of this agent, as no state was involved to enforce the merchants' codes of conduct? The answer brought to this question by the various merchant networks shaped their features and, ultimately decieded of their success or failure.

It is important to avoid the teleological trap that consists of overstating the significance of these networks in the rise of Europe and the Western culture. Two historiographies have been dealing with the question of the networks: the anthropological one, assuming that the economic activities of the networks depended entirely on cultural matters, and the functionalist one, stating that the rationality sustaining the networks was entirely economic.

It is impossible to understand the merchant network only in economic terms; they have important cultural sides. The most important value for the merchant was reputation. Indeed, the whole system was based on interdependency and reciprocity. Trust needed to be sustained by practices such as gifts, marriages and compadrazo (godfatherhood).

Several questions ought to be asked in the analysis of these networks: are they really as homogenous are they were said to be? How did they manage the necessary interaction with other networks?

Moreover, being far from the state’s power wasn’t necessarily a bad thing for the merchants. For instance, the Portuguese traders ill-treated in the fatherland managed, in the colonies, to lead jointly successful carriers in local politics and their commerce [1].

Besides, how did a network started? How was it able to settle in a given territory? Each one of them was very peculiar. While the English used proudly their flag as often as possible, their Greek partners, in the 17th century, tried their very best to reach a statute of “collective invisibility” (p.577). The features of these groups were complex and regularly changed. Thus, if successful, closed diasporas could drop their “tribal grammar” (Avrom Udovitch) and open to new partners.

On the long run groups tended to grow increasingly specialized (diamonds, wines…) and to construct a sophisticated division of labour. The authors hypothesize that the closed a network was around its religious, familial or else identity the most diversified it was. Consequently, the more heterogeneous a group was, the more specialized it got. Ultimately, this evolution would lead the liberalization of exchanges and the abandon of closed merchant networks. This is consistent with the theory of the weak tie [2]. Open networks multiply the possible transactions, while, by their very nature, close networks limited them.

The authors expect the next researches to be directed towards a conceptualization of what was a merchant network and the unification of the various present current within one.

[1] PEDREIRA Jorge M. (2001) “Negócio e espaço social em Portugal e no Brasil (séculos XVII e XVIII)”, Penélope. Revista de História e Ciências Sociais.
[2] GRANOVETTER Mark (1983) “The Strength of Weak Ties: A Network Theory Revisited”, Sociological Theory, 1, 201-233.
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