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 Fiche de lecture - La céramique grecque

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Berthramm
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MessageSujet: Fiche de lecture - La céramique grecque   Sam 3 Mar - 17:15

Metzger H., La céramique grecque, coll. QSJ ? n° 588, PUF, 1973
N.B.: Cette fiche se base sur la troisième édition de l'ouvrage, parue en 1973. Si un membre possède une édition plus récente et qu'il estime que la fiche de lecture doit être actualisée, qu'il le fasse en éditant ce message.


Introduction
Depuis près de deux siècles, les vases grecs ont fait l'objet de nombreuses études. Ils constituent en effet une source de première main pour cerner la vie tant privée que publique des anciens Grecs. Ce sont en outre d'excellents indicateurs des échanges commerciaux de leur époque, tels les vases à parfums corinthiens. Malgré tout, le principal attrait de ces vases reste leur décor, qu'il convient d'étudier à la lumière de la production artistique de l'époque qui a vu leur création, aussi bien en ce qui concerne la technique employée que les thèmes traités.
La connaissance des vases grecs est un outil indispensable pour appréhender la civilisation grecque.

Chapitre premier - Généralités
La fabrication des vases
Les techniques de création des vases sont nombreuses et variées; aussi sera décrit ici le processus de fabrication des vases attiques.
Toute terre n'est pas propre à la fabrication de vases, et celle qui est choisie par le potier doit d'abord être épurée puis malaxée. Une fois prête à l'emploi, l'argile est façonnée sur un tour; la pièce ainsi obtenue est alors séchée à l'air. Puis on réalise le décor, avant de polir le vase. Enfin on cuit le vase au four. Le processus de cuisson est ce qui constitue la différence essentielle entre les vases attiques à figures noires et rouges.
Toutes ces opérations démontrent qu'un personnel nombreux et qu'un grand nombre de bâtiments étaient nécessaires à la production de vases attiques, qui tenait alors plus de l'industrie que de l'art.
À Athènes, cette industrie était située dans le quartier du Céramique, entre l'Agora et le Dipylon; la fabrication et la vente en était généralement assurées par des métèques. Cette industrie devait probablement constituer une couche moyenne de la société artisanale de l'époque.

Les formes des vases
Les vases grecs sont des modèles d'harmonie et de géométrie. Il en existe de nombreux types, chaque vase étant adapté à un usage précis, qu'il soit domestique, cérémoniel ou cultuel. Parmi les pricnipaux types de vases, on peut citer: le pithos, l'amphore, la péliké, le cratère, l'hydrie, l'oenochoé, la coupe, l'aryballe, l'alabastre, le lécythe et la pyxis.

Les lieux de trouvailles
Les vases grecs ont été trouvés dans trois types de sites:
- les ruines de maisons, qui contenaient de la vaisselle commune, mais aussi beaucoup de céramique à décor peint;
- les sanctuaires: il s'agit essentiellement d'offrandes votives, dont le décor peint est en rapport avec la divinité honorée dans le sanctuaire;
- les nécropoles: le plus grand nombre de vases provient de ce type de site.
Tous ces vases ont reçu leur rôle après leur fabrication, c'est à dire qu'ils n'ont pas été fabriqués dans le but d'être des offrandes ou des objets funéraires par exemple, sauf dans le cas de lécythes attiques à fond blanc qui ne furent fabriqués qu'au Ve siècle.

Historique des trouvailles et formation des grandes collections
Les premières pièces proviennent des fouilles, clandestines puis méthodiques, des nécropoles. L'intérêt pour les vases grecs naît en Italie, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, où l'intérêt pour l'Antiquité était apparu lors de la découverte de Pompéi et Herculanum. Les vases grecs furent alors considérés comme des témoins de la civilisation romaine, bien qu'antérieurs d'au moins quatre siècles à l'éruption du Vésuve. De plus, il sfurent d'abord qualifiés d'étrusques, beaucoup de trouvailles sur le sol italien étant alors faites en Toscane.
Parmi les premiers collectionneurs, on peut nommer:
- le chevalier Hamilton, dont seules des reproductions sur cuivre de sa collection ont survécu;
- le marquis Campana, dont la collection est conservée au Louvre, suite à son rachat par Napoléon III;
- le Vatican.
Les trouvailles en Grèce même datent de la fin de l'occupation turque et n'ont jamais cessé depuis lors; ce sont surtout des sanctuaires qui ont livré le plus de céramiques, les nécropoles grecques étant assez pauvres par rapport au bassin occidental de la Méditerranée.
Les tessons sont de plus en plus étudiés, et toute céramique est désormais considérée comme un témoin chronologique privilégié. Tout le pourtour méditerranéen a livré des vases grecs, surtout les côtes orientales.
En dehors de la Grèce, les collections les plus riches se trouvent surtout en Italie. Le Louvre possède l'une des collections les plus riches du monde (Campana). En Angleterre, on puet citer le British Museum, le Fitzwilliam Museum et l'Ashmolean Museum; les musées de Bruxelles, d'Amsterdam et de Copenhague ne sont pas en reste. Outre-atlantique, il faut citer les collections du Metropolitan Museum of Art de New-York et du Museum of Fine Arts de Boston.

La céramographie depuis "l'âge héroïque" jusqu'à nos jours
Il y eut beaucoup de tâtonnements au début de cette science, et au XVIIIe et XIXe siècles, beaucoup de problèmes se posèrent pour déterminer les dates et origines des vases, mais aussi pour interpréter le rôle de ceux-ci. Il y eut beaucoup d'erreurs, mais aussi des identifications justes, notamment concernant les scènes représentées sur le décor des vases. Depuis la première moitié du XXe siècle, l'archéologie a fait des progrès: amélioration de la datation, examen plus attentif aux niveaux stylistique et technique, classement par époques des peintres (lorsque ce fut possible). Pour les périodes les plus récentes, il est possible de dater un vase à 25 ans près, voire plus précisément.

Chapitre II - L'époque géométrique

Cette céramique se développe pendant la période qui suit l'effondrement de la civilisation égéenne, que certains historiens qualifient de Moyen-Âge grec ou d'Âges obscurs.
Les caractéristiques de ce style sont:
- des lignes géométriques: droites, méandres, croix gammée;
- disparition de la spirale mycénienne;
- des motifs humains et animaux, mais jamais végétaux;
- le tout présenté en bandes parallèles, peint en noir sur fond clair.
Pour certains chercheurs, ce style est propre aux envahisseurs aryens, pour d'autres, ce style est à rapporcher des civilisations orientales, pour d'autres enfin, ce style est la manifestation spontanée d'un art paysans indigène remontant à l'époque créto-mycénienne. Cette dernière théorie est la plus plausible: on peut penser qu'il existait une survivance d'un art ancien (créto-mycénien) et un art campagnard, qui ont fusionné suite à l'arivée des Doriens.

Chronologie:
1050 - 900: protogéométrique
900 - 700: géométrique proprement dit
700: période orientalisante
650: fin de l'époque géométrique

Le style protogéométrique
C'est le styles des nécropoles de Thessalie, de Phocide, d'Attique, du Péloponnèse, des îles de l'Egée et d'Asie Mineure, caractérisé par une argile à vernis terne et sale, aux ornements dessinés à la main dans une rangée centrale, où la spirale est remplacée le cercle et le demi-cercle concentriques et le trinagle hachuré.

Le géométrique attique
C'est le style le plus évolué, les plus belles pièces proviennent de la nécropole du Céramique, près du Dipylon, d'où le nom de vases du Dipylon donné au groupe entier. On distingue deux styles: le premier se caractérise par une ceinture d'ornements autour de la panse et du col, et un décor en métopes autour des anses. Les motifs sont clairs sur fond sombre, ou sombres sur fond clair. Le second style présente des vases à types d'animaux ou de personnages fortement stylisés.
Les dimensions colossales de ces vases, qui surmontaient les tombes, sont typiques du style géométrique. Les scènes typiques du décor géométrique sont la présentation et la lamentation du mort (próthesis) et le transport de celui-ci jusqu'à sa tombe (ekphorá). Le plus bel exemplaire de cette céramique est au musée d'Athènes, attribué au peintre du Dipylon.

Le géométrique non attique
L'île de Théra/Santorin a produit des vases à base d'une argile rouge sombre et poreuse, assez grossière, aux parois minces recouvertes d'une couche d'argile blanc jaunâtre, au dessin noir ou brun jaunâtre. Les motifs dominants sont linéaires et rectilignes: méandres, zig-zags, triangles quadrillés.
Il y eut développement d'un géométrique dequalité à Naxos et Rhodes, qui s'exporta en Méditeranée orientale et jusqu'en Syrie.
La Béotie connut elle aussi un style local, vite influencé par la prodcution attique.

Chapitre III - L'époque orientalisante
On netre dans cette période vers 700, et l'on y distingue deux groupes:
- ionien d'Asie et des îles, présent notamment en Italie méridionale et en Egypte;
- corinthien.
Les vases protoattiques, qui constituent une forme d'art orientalisant, seront étudiés au chapitre IV.

La céramique ionienne
Cet adjectif désigne la production des villes d'Asie Mineure colonisées par les Grecs du continent et chassés par les invasions doriennes, telles que Milet. Du VIIe siècle à la conquête perse, ces villes constituent le centre intellectuel et économique du monde grec. Par extensions, ce terme désigne aussi les colonies de ces villes en Egypte, et Italie et en Etrurie, ainsi que les îles proches de la côte asiatique.

Les vases rhodiens
Deux styles principaux:
- de Camiros (du nom d'une nécropole de l'île): il s'agit principalement d'oenochoés à bouche trilobée, constituées d'argile recouverte d'un engobe blanc crémeux ou brun clair. Les motifs sont peints en noir avec des retouches en rouge. Le décor est végétal et animal, d'inlfuence surtout susienne (prédominance du bouquetin). Des motifs géométriques occupent les vides, mais l'ensemble est plus aéré.
- dans la seconde moitié du VIe siècle apparaît un nouveau style tirant son nom de la nécropole de Fikellura, proche de Camiros. On en trouve des traces au Pont-Euxin, sur les côtes d'Asie Mineure et dans le Delta du Nil. Ces vases sont à base d'argile jaune à brun clair, les figures sont en silhouettes opaques, et il y a peu d'incisions. La forme de prédilection est l'amphore très allongée; les motifs végétaux et animaux sont essentiellement décoratifs, comme pour Camiros; le remplissage est rare. Les animaux sont isolés, parfois en bandes.

Les vases de Chios et de Naucratis
Naucratis est fondée vers le VIIe siècle, et l'implantation de marchands grecs se fait vers 570. Des fouilles anglaises y ont découvert des vases apparentés au style des îles de Chios. À l'origine, ce style est sans incision; la forme préférée est la coupe à pied conique, à hautes parois évasées en calice. Le pied est noir, le corps blanc, le calice est noir à l'intérieur et balnc à l'extérieur. Il n'y a pas de décor extérieur, et le décor intérieur se détache en clair sur le fond noir. Au VIe siècle, l'incision apparaît, sans doute sous l'influence corinthienne.

La céramique de Clazomène
Les sarcophages de terre cuite
Ces grands sarcophages de terre cuite montrent le répertoire grec d'Asie Mineure. Ils sont en argile grossière, à engobe blanc-jaune, dessins noirs; les parties les plus fines sont vernies. Le dessin suit plusieurs modes: les silhouettes sont en noir, parfois avec des rehauts blancs ou rouges, il n'y a pas d'incision, les lignes intérieures sont faites en traits ou en points blancs. On distingue trois modes d'ordonnacement du décor:
- un remplissage maximal;
- une décoration symétrique sur tout le sarcophage;
- des éléments symétriques là où ce n'est pas nécessaire.
Toutes ces scènes sont représentatives de l'art ionien.
Les vases
Ils proviennent de toute la côte d'Ionie et d'Eolide. Leur parenté avec les sarcophages de Clazomène est flagrante. Là aussi, le décor a plus d'importance que le sujet traité, mais les représentations sont souvent mythologiques.
L'argile a un aspect terne, brun et mat, le décor est fait de silhouettes noires à rehauts rouges. Les retouches blanches sont faites sur le fond d'argile, et les détails y sont indiqués par des traits noirs et des incisions.
La forme de prédilection est l'amphore très élancée, l'oenochoé à orifice tréflé et l'assiette plate. À cette céramique sont apparentés:
- le dinoï ionien;
- les amphores Northampton.

Les hydres de Caéré
Il s'agit d'un groupe d'hydries (une trentaine environ) provenant toutes de Caéré. L'argile est jaune ou rouge, sans couverte, les dessins sint noirs et l'incision est fréquente. Le décor, fait de languettes et de motifs végétaux, encadre une scène figurée couvrant la largeur de la panse entre les deux anses, de chaque côté du vase. Ces scènes sont généralement tirées de la vie réelle ou du répertoire mythologique.

Les vases "chalcidiens"
Ils apparaissent dans la seconde moitié du VIe siècle. Il se caractérise par un vernis à reflets bleuâtres, l'abondance de l'incision et des couleurs de retouche. Les formes de prédilection de ces vases sont les amphores, les hydries et les cratères. L'ornementation est structurée en bandes parallèles, la bande médiane étant réservée aux scènes à personnages. La base de ces vases comporte des arêtes rayonnantes; et une frise végétale encadre la scène médiane.
Ces vases comportent beaucoup de scènes mythologiques.

La céramique laconienne
Cette céramique pose un problème d'origine: Sparte ou Cyrène ? Sans doute les deux. Ils sont constitués d'argile fine, à engobe clair, et aux incisions fines et nombreuses. La forme de prédilection est la coupe à vasque profonde et aux anses légèrement relevées. Le décor est constitué de motifs végétaux et animaliers (surtout des oiseaux).

La production des vases ioniens se poursuit jusqu'à la fin du VIe siècle.

La céramique corinthienne
Les vases protocorinthiens
Il s'agit de petits vases au décor alterné de lignes et d'animaux, qui apparaissent dans la seconde moitié du VIIIe siècle. La forme privilégiée est l'aryballe. L'argile est jaune pâle, parfois verdâtre. Au VIIe siècle apparaît la technique des silhouettes noires, aux incisions intérieures, et aux retouches rouges et blanches. Le décor est miniature.

Les vases corinthiens proprements dits
Ils apparaissent vers le dernier quart du VIIe siècle, et leur apogée se situe au VIe siècle.
Ils sont répandus à travers quasiment tout le monde ancien; il s'agit surtout de petits pots à huile ou à parfum, des aryballes et des alabastres essentiellement, mais aussi des cratères à colonettes pour lutter contre la concurrence attique et ionienne.
L'argile et la technique employées sont les mêmes que pour l'époque protocorinthiene, mais le décor central contient une seule grande figure au lieu de plusieurs frises.
Apogée du style animalier est le début du VIe siècle, puis la prédominance est celle du décor narratif. Il y a une multiplication des scènes mythologiques pendant le VIe siècle.
Malgré la qualité de sa production, Corinthe ne peut pas faire face à la concurrence d'Athènes après 550. Une période de deux siècles de domination de la céramique athénienne s'ouvre alors.
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Berthramm
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MessageSujet: Re: Fiche de lecture - La céramique grecque   Lun 5 Mar - 21:05

Chapitre IV - La céramique attique à figures noires
La technique des figures noires est née à Corinthe et se caractérise par: les silhouettes peintes en noir, des détails incisés, des retouches rouges et blanches. L'expression la plus achevée de ce style est néanmoins athénienne, et on y distingue deux périodes: protoattique et attique.

La céramique protoattique
Il existe une céramique orientalisante liant la période géométrique au VIe siècle en Attique (loutrophore d'Analatos, musée du Louvre), marquée par le goût des artistes athéniens pour la figure humaine. Les décors sont souvent empruntés au monde des animaux ou des monstres, mais aussi à celui des dieux et des héros.
Au cours du dernier quart du VIIe siècle, le canon de la peinture à figures noires est établi; on y trouve des motifs végétaux et géométriques, des représentations animales, des scènes à personnages et aussi des inscriptions, comme sur l'amphore de Nessos (musée d'Athènes).

Le VIe siècle
La maîtrise du style de Nessos marque le début du VIe siècle. La signature apparaît (on connaît ainsi un Sophilos), et les peintres s'inspirent d'épisodes mythologiques et épiques. On pense à ce sujet qu'au lieu de posséder une vaste culture littéraire, ils disposaient de répertoires d'ateliers, à l'instar des ateliers de peinture.
Le second quart du VIe siècle est marqué par le potier Ergotimos et le peintre Klitias. Les troisième quart du VIe siècle est l'âge d'or de la céramique à figures noires; il voit l'apparition des thèmes de gigantomachie et dionysiens. Le milieu du VIe siècle a vu l'apparition du style dit coupe des Petits Maîtres, très élégant et aux règles de décoration très strictes. Les deux grands noms de cette période sont Amasis (un potier auquel on rattache un peintre de grand talent), et surtout Exékias. Ce dernier, à la fois peintre et potier, a eu une influence considérable sur l'art de la céramique athénienne. Ces deux noms marquent l'apogée de la technique à figures noires. C'est également à ce moment qu'apparaît la techniques à figures rouges: les silhouettes ne sont plus peintes, mais réservées sur le fond du vase (qui a déjà été passé au vernis noir), les détails sont peints et non plus incisés.
La technique à figures noires se maintient jusque vers 475 environ, avant de disparaître.

Chapitre V - La céramique attique à figures rouges du stye sévère (530 - 470)
Cette céramique correspond à la période allant du règne des Pisistratides aux guerres médiques. Son style rompt avec l'orientalisme et l'archaïsme; il se caractérise par une omniprésence de la représentation humaine, les animaux ou les paysages ne réapparaissant qu'à l'époque héllénistique. Quant aux sujets d'inspiration, ils sont davantage liés à la vie quotidienne qu'aux grand thèmes mythologiques.
La forme de prédilection est la coupe. La composition-même du décor est soit binaire (sur les deux faces de la panse), soit ternaire (auquel on décore aussi le médaillon central du vase). La technique de dessin gagne en réalisme, par les représentation de face, de profil, mais aussi de trois-quarts; les peintres commencent aussi à rendre le drapé des vêtements. Le dessin se fait presque exclusivement au pinceau, mais certains traits restent incisés; le style de cette époque voit aussi apparaître le dessin de nu sous une draperie, et l'incision avec des hachures curvilignes.
Parmi les grands noms de cette période, nous pouvons citer le peintre d'Andokidès, les peintres Psiax et Epiktétos; mais surtout Euphronios et Euthymidès (fin VIe - début Ve siècle).
Le début du Ve siècle est une période troublée pour l'Attique, dont le plus dramatique évènement est la prise et le sac de la ville par les Mèdes en 480. Mais la production céramique est cependant riche. Dans le premier quart du Ve siècle, trois peintres de coupes sont à citer: Douris, le peintre de Brygos et Makron, ce dernier ayant réalisé beaucoup de décors à thème dyonisiaque ou mythologique.

Chapitre VI - La céramique attique à figures rouges du style classique (470 - 400)
Pour cette période, il existe trois phases qui se calquent sur celles de l'histoire politique:
- 470 à 446: montée en puissance d'Athènes
- 446 à 431: siècle de Périclès
- 431 à 404: déclin d'Athènes
Pendant la première période, la céramique est fortement influencée par un peintre de fresques, Polygnote de Thasos, en ce qui concerne la composition du décor, ample et caractérisée par des plans superposés. Les thèmes choisis montrent davantage le côté moral des personnages. Mais il existe encore des artistes qui suivent la tradition du style sévère, tant au niveau de la composition que des thèmes.
Les peintres de cette période font souvent revenir le thème du combat des Grecs et des Amazones (transposition du combat contre les Mèdes), et ont égalemetn dû être fortement influencés par le théâtre.
Dès le milieu du Ve siècle, la sculpture domine la scène artistique athénienne (Phidias) et, dans le domaine de la céramique, le courant pictural recule. Les compositions et les thèmes sont plus limités, et la coupe revient en faveur. Parmi les peintres de l'époque, on peut citer le "peintre d'Achille", qui fut marqué par Phidias et surtout par Polyclète (tous deux sculpteurs), ou encore le "peintre d'Orphée" ou Polygnotos, ce dernier préférant peindre de grands vases, tout en privilégiant les thèmes traditionnels (Thésée, la guerre de Troie, Dionysos). On voit aussi se développer une école de miniaturistes, réalisant des vases à parfum ou à fard, et dont le décor est inspiré par la vie féminine. Parmi ces artistes se trouvent le "peintre d'Erétrie" et le "peintre de Codros". Ce dernier a surtout peint des coupes, et peignit aussi bien des athlètes que des scènes mythologiques.
Pendant la dernière période de prépondérance athénienne, le courant pictural revient au premier plan (Apollodore, Zeuxis, Parrhasios). Dans la céramique coexistent deux grands courants: miniaturiste et monumental. Les thèmes sont traditionnels: dionysiaque, mythologiques, ou liés à Thésée. Mais cetaines oeuvres annoncent les courantes de la prochaine période.

Les vases à fond blanc
Cela ne concerne que les vases athéniens du Ve siècle.
Les coupes à fond blanc constituèrent un produit de luxe, produites en faible nombre; quant aux lécythes, ils furent produits en grand nombre et avaient pour fonction de contenir les parfums destinés sur la tombe du mort. Les exportations furent rares: cet usage était donc purement athénien. Le lécythe a la panse peinte en blanc, le reste étant peint en noir; dans la seconde moitié du Ve siècle, la couleur fait son apparition. La plupart des scènes sur les lécythes sont des scènes funéraires.

Chapitre VII - La céramique à figures rouges du IVe siècle (400 - 320)
Jusque vers les années 1930, cette céramique fut peu étudiée.
On distingue deux grandes périodes: la première va de l'effondrement de l'empire athénien (vers 400) à 370, et s'inspire beaucoup de la céramique athénienne du Ve siècle; le seconde commence vers 370 et dure jusqu'à la période alexandrine, dont le style est inspirée de la sculpture de l'époque.
Le premier tiers du IVe siècle voit le déclin de la qualité des vases athéniens, marqué par une surcharge des décors et une diminution des types de vases. Les grands vases restent en faveur, notamment le cratère. Les thèmes traités sont surtout religieux, et la majorité des images sont liées à Dionysos. Parallèlement à cela, les héros antiques s'effacent (Achille, Ulysse, Thésée). En fait, beaucoup de vases sont influencés par les pièces de théâtre athéniennes.
Lors de la période suivante, les vases attiques ont beaucoup de débouchés: Crimée, Thrace, Macédoine, Asie Mineure, Italie du Sud, par exemple. Les vases ont alors une composition plus aérée et, si le cratère en cloche reste en faveur, la péliké semble être la forme de prédilection de ce style, dit "de Kertch". On trouve également des vases de petites dimensions. Les thèmes mythologiques sont toujours dominés par Dionysos, mais un nouveau thème apparaît: celui du combat entre les Arimaspes et les Griffons. Le style de Kertch dure jusqu'au dernier quart du IVe siècle; c'est le dernier style à figures rouges attique.

Chapitre VIII - La céramique de la période hellénistique
La prédominance de Philippe de Macédoine, puis de son fils Alexandre, font subir une mutation au monde grec. Suite aux conquêtes orientales d'Alexandre, une fusion s'opère etre les traditions culturelles asiatiques et égyptienne, et le fond culturel grec. De cette fusion naît la culture hellénistique, et cela a des répercussions sur l'art. Si la sculpture montre une qualité indénaible, la céramique en revanche se cantonne à imiter la vaisselle de métal. Le décor est fait de motifs géométriques ou naturalistes, et il est peint de la même manière que les murs, sans détails finement réalisés.
La production de cette époque est aussi marquée par la place accordée à la céramique à décor en relief, jusqu'alors resté marginale (bien que cette technique fut aussi ancienne que la céramique peinte).
Il existe également une production de bols en relief, que l'on peut décomposer en deux grands groupes:
- des bols à glaçure (ou à enduit luisant), caractérisés par un décor d'inspiration littéraire et constituant une copie médiocre de bols en métal;
- des bols à enduit mat, au décor séparé en plusieurs registres; leur production fut surtout faite à Délos, et on en trouve dans tout le monde hellénistique. Ce sont les plus nombreux.
Enfin il faut parler d'un dernier groupe, constitué de bols à glaçure rouge et dont le décor en relief était appliqué à l'aide de barbotine, et qui est le dernier style original de la céramique grecque. Ensuite, la main passe aux ateliers d'Italie, à partir du Ier siècle.

Chapitre IX - Les céramiques à figures rouges de Grande-Grèce et de Sicile
Dès la seconde moitié du Ve siècle, les Grecs d'Italie du Sud commencent à fabriquer leu propre céramique, s'inspirant largement de celle d'Athènes. À la suite du déclin athénien, la céramique de Grande-Grèce évolue vers une forme originale, mais tout en conservant une grande source d'inspiration des modèles athéniens.
Bien que la qualité d'exécution soit moindre que celle d'Athènes, la technique locale est de bon niveau. La peinture est cependant souvent polychrome. Quant au décor et à sa composition, il est fidèle aux modèles athéniens. Les thèmes de prédilection sont souvent tirés du théâtre, notamment des pièces d'Eschyle et d'Euripide, ou bien des reprises de ces oeuvres par des auteurs du IVe siècle. L'influence du théâtre est aussi marqué par le thème, dans la décoration, des phylaques (terme désignant aussi une forme de théâtre parodique que les acteurs qui en interprètent les pièces). L'épopée reste toujours une source d'inspiration pour les peintres. Enfin, on note que les scènes infernales sont également prisées (Orphée, Héraklès), complétées par des images de culte funéraire. Ces derniers vases ont le même rôle que les lécythes à fond blanc attiques du Ve siècle.

On compte cinq centres principaux de production de vases italiotes, répartis en deux groupes:
- Lucanie, Apulie (cette denrière région ayant eu un influence hors de ses frontières);
- Campanie, Paestum, Sicile.

Les ateliers lucaniens
Ils se développent dans la seconde moitié du Ve siècle (style protolucanien), et sont très influencés par la céramique athénienne. Les peintres les plus connus de ce style: peintre de Policor, des Carnéia et d'Amykos. Dès 370 se développe un style purement lucanien (peintre des Choéphores) d'une part, mais également un style marqué par l'école apulienne d'autre part.

Les ateliers apuliens
Dans le dernier quart du Ve siècle se développe en Apulie (Tarente) un style dérivé aussi du style athénien (proto-apulien), dont le peintre de Sisyphe est le meilleur représentant. On peut également citer le peintre de l'Ilioupersis, le peintre de Lycurgue (second quart et milieu du IVe siècle) et le peintre de Darius.

Les ateliers campaniens
Leurs vases se distinguent des précédents par la teinte de l'argile, et l'absence de vases monumentaux. Le style a été certainement influencé par des artistes de Sicile. Les premiers ateliers étaient à Capoue (peintre de Cassandre), puis il y en eut à Cumes (milieu IVe siècle). À la fin du IVe siècle, cette production subit l'influence apulienne puis disparaît.

L'atelier de Paestum
Bien qu'en Lucanie, cette production fut influencée par celle de Campanie. Les peintres Astéas et Python marquent le second et le troisième quart du IVe siècle de cette école. Les thèmes sont dramatiques ou dionysiaques, et les représentations sont colorées. Cet aterlier produit des cratères mais aussi des vases de petite taille.

Les ateliers siciliens
Ces ateliers remontent à la fin du Ve siècle, mais leur production est la plus abondante vers 340-300. On distingue trois grands styles, au répertoire vaste (théâtral, dionysiaque ou tiré du monde féminin). Techniquement, la polychromie est la règle. La production s'arrête vers 300.

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- Mes enfants, quelle folie de vous être jeté dans la gueule du loup !
- Tant pis pour le loup.
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